03/11/2009

Violence

Mehani Patrigeon vient de publier sur son blog un texte intitulé Violence elliptique. Je le recommande à votre réflexion, et reproduis ici le commentaire que j'ai laissé là-bas.

Bonsoir.

Tout ceci, bien entendu, me "parle".

La violence est gratuite et instantanée. Représenter, dans un livre, cette violence... en rendre compte par un discours raisonnable dénature ce qu'est ontologiquement la violence. La seule manière pour la littérature d'être à la hauteur de la violence consiste donc à reprendre à son compte, dans sa langue, ce qui fonde la violence. On passe alors d'une écriture de la violence à une écriture violente (tout comme la littérature échoue à rendre compte de la jouissance mais peut, par ailleurs, jouir). Cette écriture, pour réussir, se doit donc d'être instantanée et gratuite (l'improvisation, sans doute, y a sa place).

Votre référence à Marcel Proust me semble très pertinente (je connais moins les deux autres auteurs). La Recherche vise avant tout à trouver une langue nouvelle conciliant (?) la sensation et la raison (les passages sur Madame de Sévigne, sur la peinture d'Elstir)... une langue hybride qui rend compte du dilemme de tout individu moderne.

Bien amicalement.

Gilles Monplaisir

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Commentaires

J'en jurerais : ce commentaire émane de ma propre cervelle. Merci Gilles.

Ecrit par : Chr. Borhen | 05/11/2009

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