29/12/2009

Amitié

L'amitié... Je ne compte plus les désaffections, les mises à l'écart, les amnésies... Tenez, ce couple d'amis... Amélie et moi leur annonçons que nous nous séparons... Ils viennent passer le week-end... Je revois encore Alex m'accompagner dans le jardin, prononcer un discours emphatique : "Tu sais Gilles... Pour nous, rien ne changera... Vous resterez nos amis, l'un comme l'autre ! Nous ne privilégierons jamais l'un au détriment de l'autre ! Jamais !". Une année a passé. Ils sont devenus parents à leur tour... Une fille... Je leur ai envoyé une girafe Sophie pour l'occasion... Jamais reçu ne serait-ce qu'une photo en remerciement... Plutôt l'usage, d'ordinaire... Hier, j'ai appris qu'ils avaient rendu visite à Amélie... Ils n'avaient que huit cent mètres à faire pour me saluer au passage... Même rapidement... Rien...

 

28/12/2009

Solitude

Ma solitude... Ce ma tombe à pic, je m'y accroche... Car s'il y a bien une seule chose que je possède, c'est ça... Ma solitude... On ne s'imagine pas écrire "notre solitude"... Ces choses-là ne se vivent pas en groupe, ni en couple... L'expérience est intime, propre à chacun... C'est le moment où chacun voit sa mort arriver... Son anéantissement... Enfin le silence... Quelle comédie quand même...

23/12/2009

Poetical logic

48696-le-velvet-hour-le-nouveau-parfum-de-637x0-1.jpgA mysterious poetical logic propels my life... For several weeks, my readings, my phrases and my heart bend my steps towards an unknown land... The Earthly Paradise ? There are many indications that yes... A first name, blue eyes, and a rainbow after the shower...

 

21/12/2009

Noyade

Un petit papillon tombe dans la cuvette des wc. Sur le dos, il se débat, ses ailes sont prisonnières de l'eau, éclaboussé. Elles ne se transformeront jamais en nageoires. Il ne s'en sortira pas. Je le regarde quelques secondes. Il s'épuise. A son modeste niveau, il doit probablement souffrir, vouloir coûte que coûte échapper à la noyade. Il ne s'en sortira pas. Je tire la chasse d'eau.

 

16/12/2009

Illiers Combray

Photo021.jpgUn panneau l'indique : Illiers Combray, onze kilomètres. J'ai un peu de temps devant moi, c'est l'occasion. Je m'écarte de mon itinéraire et de mes devoirs, école buissonnière. Un autre panneau signale un autre village, non loin de là : Aubépine... Ça ne s'invente pas... Tansonville, Méréglise... Illiers et ses environs semblent sortis de La Recherche du Temps perdu. Jusqu'au village lui-même : Combray a officiellement été ajouté à Illiers le 8 avril 1971. Seule commune française dont le nom sorte d'un livre. Le contraire d'une description : une incarnation. Je laisse ma voiture près de l'église et marche dans les petites rues du village. La maison de Tante Léonie, qui abrite le musée Marcel Proust, est fermée du 15 décembre au 15 janvier. Décidément, je n'ai pas de chance... Après Monraigne... L'hiver n'est pas favorable aux pélerinages littéraires. L'air est froid et sec, je ne croise presque personne sur mon chemin, bruit de mes pas sur les pavés - Vais-je trébucher ? Les propriétés se dissimulent derrière des murs en pierre. L'un d'entre eux est percé par une porte dérobée. « Les soirs où, assis devant la maison sous le grand marronnier, autour de la table de fer, nous entendions au bout du jardin, non pas le grelot profus et criard qui arrosait, qui étourdissait au passage de son bruit ferrugineux, intarissable et glacé, toute personne de la maison qui le déclenchait en entrant « sans sonner », mais le double tintement timide, ovale et doré de la clochette pour les étrangers, tout le monde aussitôt se demandait : « Une visite, qui cela peut-il être ? » mais on savait bien que cela ne pouvait être que M. Swann. »

 

Parodie de fête

Dimanche matin. Swann et Aliénor ne regardent plus leurs dessins animés. Place aux tracteurs, aux poussettes, aux pinceaux et aux couleurs. Je zappe sur une chaîne musicale : un fond sonore pendant que je jongle avec torchon, éponge et serpillière. De temps en temps, je jette un oeil aux clips qui passent. Le monde du travail n'y figure presque jamais et, si c'est le cas, il est toujours présenté comme une contrainte : la musique et la fête finissent toujours par avoir raison de lui... Une fête qui, dans la réalité, n'est tolérée que parce qu'elle profite aux industries du spectacle. Une parodie de fête, en somme.

12/12/2009

Looping up life

Photo011.jpgChristmas draws near. I will celebrate it alone (my children won't be at home) : salmon, wine and bristol-board. This morning, I realized that my life was too serious, I don't have good time enough, most of my life is serious-minded... Take care, Gilles, or you will become obsolete ! Don't forget to loop up life ! Don't forget to laugh and love !

 

08/12/2009

Ayers Rock Café

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Montpellier. On vient de dîner à l'Arlequin, direction l'Ayers Rock Café pour terminer la soirée. Je reste sur le trottoir devant l'entrée, le temps de terminer ma cigarette. « Vous avez une pièce d'identité mademoiselle ? - Mais j'ai dix-huit ans ! - Il vous faut me présenter une pièce d'identité si vous voulez entrer. » Deux silhouettes plutôt fines, robes noires et talons hauts. L'une demande à l'autre : « Tu n'as pas ton permis de conduire ? - Non, je l'ai laissé à la maison. - On ne va tout de même pas retourner là-bas ! » Elles se tournent vers le black qui filtre les entrées : « Je vous assure que ma copine à dix-huit ans - Désolé mademoiselle : il me faut une pièce d'identité. » Les deux silhouettes s'éloignent. J'entre. Le barman me sert une pinte de bière, je la bois à une table en bois brut, assis sur un banc tout aussi rustique, en regardant les allées et venues autour de moi : kangourou, carte de l'Australie, panneau indicateur (Sidney 22.000 Kms) ; étudiants aux aguets, un verre à la main ; petits cercles de copines, bras dessus bras dessous, décolletés, rires ; déhanchements, danses improvisées, jeux. Le barman jongle avec les shakers. Je sors sur la terrasse fumer une cigarette et envoyer un messagino, adossé au mur. Davantage de monde à l'extérieur qu'à l'intérieur. Une main, entre le pouce et l'index, une main retire avec délicatesse la cigarette qui se consume entre mes lèvres « Vous allez fumer le filtre ! » Chemisier fuschia, un verre minuscule à la main, alcool fort. Elle sourit : « A minuit, j'ai vingt-et-un ans. Vous venez ? »

 

01/12/2009

Moi je

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Women's Ceremony by Narabri Nakamarra

Paul revient d'Australie où il a passé trois semaines pour le "business". La quarantaine, célibataire "endurci", il ne vit que pour son travail. Il m'a rejoint à Montpellier où il restera toute la semaine, comme moi. Je n'ai pas pu éviter de devoir partager tous mes repas avec ce personnage qui ne s'intéresse à rien d'autre qu'aux "affaires" et à ses "performances professionnelles" : et de m'énumérer la succession des vols qu'il a pris en trois semaines, l'efficacité de son "timing", le nombre "phénoménal" de chefs d'entreprise qu'il a rencontré... "Moi je travaille comme ça : pas de temps à perdre ! Straight to the point !", "Moi je mets mon réveil à sonner au milieu de la nuit pour appeler mes clients à l'autre bout du monde", "Moi je ne perds pas mon temps", "Moi je connais parfaitement mes dossiers", "Moi je rentabilise mes déplacements"... etc. Je me retiens de ne pas bailler d'ennui. Je lui pose quelques questions sur l'Australie, les peintures aborigènes sur écorce, les légendes du Dreamtime... Aucun intérêt à ses yeux (puisque ce genre de choses ne lui permet pas de se mettre en valeur). Nous n'avons vraiment rien à nous dire. Ce pauvre type me fait presque pitié.

20/11/2009

Colloque

affiche_colloque_A3petit.jpgLe colloque La pornographie et ses industries, dirigé par Jean-Michel Devésa, qui se tenait hier à l'université Bordeaux 3 m'a beaucoup apporté (je ne suis probablement pas le seul). Résonnent encore en moi ces passages d'Alain Robbe-Grillet lus par Jean-Michel ; la nécessité, selon Jacques Abeille, de la métaphore (et donc de la poésie) lorsqu'on écrit un livre pornographique ; les exercices de voltige d'Alexandre Richet ; la brillante intervention de Méhani Patrigeon où perle le fétichisme quotidien de Vladimir Nabokov, le sénateur Jolibois ponctuant l'improvisation d'Emmanuel Pierrat ; l'efficace présence d'Anaïs ; et ("last but not least") une charmante conversation avec Rubis.

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