21/05/2009
Gestes sur la grève
Je vous recommande ce très intéressant "poème en cours"de Ritman dont le sujet rejoint ce que j'écrivais il y a peu.
23:30 Publié dans Langage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : ritman |
Facebook
18/05/2009
Problématique du langage
Tant qu'elle se contentera d'être le "miroir du réel", la littérature perdra la partie. C'est dans sa matérialité même (l'entrelacs des signes) que se joue l'histoire de l'humanité. A cet égard, qu'un Marcel Proust, partant de Madame de Sévigné, tente de marier la "sensation" et la "raison" dans son oeuvre, me semble un jalon historique et politique sous-estimé. Pour ma part, j'y vois une des premières tentatives de résoudre la dialectique du maître et de l'esclave à travers ce qui constitue l'intimité même de l'homme : le langage.
23:48 Publié dans Langage | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : madame de sévigné, marcel proust |
Facebook
08/05/2009
Simples
Longtemps, je n'y ai pas prêté attention... Jusqu'à cette promenade à pied, en compagnie d'Amélie et de sa grand-mère... Il y a une dizaine d'années peut-être... Nous marchons dans une vallée verdoyante et boisée à deux pas de la mer : la Cabane Vauban. J'avance d'un bon pas, abîmé dans mes pensées. Je regarde à peine autour de moi, juste mes pieds qui manquent d'écraser une fleur minuscule. Je m'arrête, m'accroupis pour la regarder de plus près. Comment la nomme t-on ? Je l'ignore. Et cette autre "mauvaise herbe" à côté d'elle ? Je l'ignore également. Je regarde encore plus attentivement : sur quelques mètres pousse une multitude de plantes anodines que je suis incapable de nommer ! Les notions, les concepts, je peux discourir des heures dessus mais je ne sais pas nommer ces "simples" qui s'étalent devant moi.
Depuis, j'ai appris à les connaître, ces "simples"... J'ai appris à les nommer, à les regarder de plus près : buglosse, jarosse, coucou, pensée sauvage, mélisse, gratteron, trèfle commun, plantain. En développant mon vocabulaire, j'ai agrandi mon univers, fait fructifier des sensations nouvelles... Car ces "simples" ne sont pas si simples : observées dans les détails, elles sont un monde à part entière.
01:53 Publié dans Langage | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
17/02/2009
Préservatif
- Sais-tu quel autre nom désigne le préservatif en Angleterre ?
- Non...
- "French Letter"...
- Très poétique : les Lettres Françaises enfin remises à l'honneur !
- En Allemagne : un "parisien".
- Et en France, donc : "capote anglaise". Si je me souviens bien, les Français appelaient la vérole "Le Mal Napolitain"... Et les italiens... "Le Mal Français".
23:08 Publié dans Langage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : sexualité |
Facebook
31/01/2009
Heidegger et le travail sur la langue
Martin Heidegger : "La forme la plus extérieure, la plus superficielle sous laquelle se présente la pluralité de signification est celle du lexique. En effet, dans le dictionnaire, les significations se trouvent énumérées et toutes prêtes à notre gré. La vie de la langue réelle réside dans la pluralité signifiante. La conversion du mot vivant, fluctuant, en la fixité d'une série de signes établis chacun de façon univoque, mécanique, entraînerait la mort d'une langue et partout l'engourdissement et l'aridité désolante de l'existence."
"Mais parce que le langage, en tant qu'il est un résonant signifier, nous enracine dans notre sol et nous transpose dans l'univers auquel il nous lie, la méditation sur le langage et sur sa puissance historialisante équivaut toujours à l'action même de structurer l'existence. La volonté d'originéité, de rigueur et de mesure du mot n'est point, pour cette raison, pure jonglerie esthétique, mais le travail dans le noyau essentiel de notre existence, en tant qu'elle en est une historiale."
Le langage structure les hommes et leur histoire. La littérature, qui travaille ce langage, modifie "le noyau essentiel de notre existence". Lorsque je songe à cette modification, elle m'apparaît du même ordre que les mutations génétiques. La littérature métamorphose notre essence et, par voie de conséquence, notre vie. Elle la métamorphose discrètement, imperceptiblement. Ses effets sont d'autant plus irréversibles.
11:58 Publié dans Langage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : heidegger |
Facebook


