22/11/2009

Giambattista Vico

Vico_La_scienza_nuova.gifGiambattista Vico, La science nouvelle : « Les hommes sentent d'abord la nécessité ; plus tard ils prennent soin de ce qui est utile ; ils recherchent ce qui est commode, ensuite ce qui est agréable ; ils se perdent dans le luxe, et enfin ils dépensent follement ce qu'ils possèdent. »

« Les peuples sont d'abord naturellement cruels ; ils deviennent ensuite sévères, puis bienveillants, délicats ; et enfin ils s'énervent. »

 

16/11/2009

Un dur

Ernest Hemingway, Au-delà du fleuve et sous les arbres : « Et qu'est-ce qu'un dur ? Se demandait-il. Tu te sers de ce mot si librement que tu devrais pouvoir le définir.. Ce doit être un homme qui invente son jeu et le joue jusqu'au bout. Ou simplement un gars qui s'engage à fond dans ce qu'il joue. Et ce n'est pas au théâtre que je pense, songea-t-il. Si beau que soit le théâtre. »

 

11/11/2009

Production de signes

Je déjeune en compagnie de B. : « Pardonnez-moi, cher Gilles, mais je ne boirai pas de vin. Je dois écrire quatre mille signes cette après-midi : je tiens à garder l'esprit clair. » Étrange profession que celle de produire des signes. Comment s'insère-t-elle dans l'économie générale ? Quelle valeur attribuer à ces signes ? Échange ? Usage ? Produit fini ou bien intermédiaire ? Artisanat ? Industrie ? Division du travail ? A-t-on déjà étudié cette activité comme n'importe qu'elle autre activité économique ?

 

 

09/11/2009

Tolstoï et Erofeev

Évolution de la littérature russe.

 

Tolstoï, Anna Karénine : « - Vous êtes pour les classiques, Serge Ivanovitch, dit Oblonski. Vous offrirais-je du bordeaux ? »

 

Victor Erofeev, La Belle de Moscou :

« - Je l'ai connu à Paris, a dit Xénia.

- Qu'est-ce qu'il y faisait de beau ?

- Il me sautait. »

 

08/11/2009

Chouannerie

 

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Louis de Frotté (1755 - 1800)

 

Voici quelques jours, un lecteur m'a demandé si « j'adhérais aux idées royalistes ». Qu'est-ce que cela voulait dire pour lui ? Il ne me le précisait pas mais je suppose que, à ses yeux, c'était une lubie dangereuse puisqu'il me mettait ensuite en garde contre le risque de rejoindre « ceux qui sont à côtés ». Qu'est-ce qui pousse à être royaliste aujourd'hui ? Je citerais volontiers Luc de Goustine, qui écrit dans le numéro 956 de Royaliste : « La conviction que le cœur du combat politique à mener c'est de croire en la majesté de l'homme - incarnée par le roi. » A ceci s'ajoute, pour ma part, une histoire familiale qui, voici un peu plus de deux siècles, a transité par la chouannerie.

 

06/11/2009

Infamie

Yannick Haenel, Jan Karski : "Car il y a les victimes, il y a les bourreaux, mais il y a également ceux qui sont à côté, et qui assistent à la mise à mort. Ce sont les mêmes qui toujours vous font croire qu'il ne s'est rien passé, qu'ils n'ont rien vu, qu'ils ne savent rien. D'ailleurs, si quelqu'un vient leur parler de crime, ils prétendront ne pas le croire. Que vous soyez à trois mètres du poteau d'exécution, ou a des milliers de kilomètres, la distance est la même. Car à partir du moment où un vivant éprouve sa distance avec un homme qu'on met à mort, il fait l'expérience de l'infamie. La distance qui nous sépare des hommes qui meurent s'appelle l'infamie ; et vivre n'est jamais qu'une manière de se confronter à cette distance."

01/11/2009

Cavalier polonais

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Rembrandt, Cavalier polonais

Yannick Haenel, Jan Karski : "A la Frick Collection, nous sommes allés directement dans la salle des peintures hollandaises. La chaleur du Cavalier polonais nous enveloppait. Pola a regardé longuement le tableau sans rien dire, elle souriait, je souriais, le cavalier souriait. Je lui ai désigné la petite tache du plumet rouge sur la coiffe du cavalier ; tout de suite elle y a vu le sang versé pour la Pologne, cette lutte pour l'indépendance qui court à travers l'histoire. Et puis, dans la coiffe du Cavalier, sous ce galon de laine noire, nous avons deviné une couronne. Quel est donc ce royaume dont le Cavalier polonais semble porter l'espérance ? Ce n'est pas celui de l'ancienne Pologne, c'est une royauté plus intime, presque imperceptible, une royauté sans terre ni pouvoir, qui fait de vous quelqu'un de libre."

Sur ce même tableau, on peut lire ceci de Philippe Sollers, extrait de Femmes.

30/10/2009

Histoire de mon âme

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Pablo Picasso, Guernika

 

Yannick Haenel, Jan Karski : " Il m'arrivait souvent de penser à une phrase de Kafka, une de ses phrases mystérieuses que j'avais lues durant mes années de silence : "Loin, loin de toi, se déroule l'histoire mondiale, l'histoire mondiale de ton âme." Cette phrase m'était destinée, comme à chacun de mes étudiants, comme à vous. On croit que l'histoire mondiale se déroule très loin de nous, à chaque instant elle semble avoir lieu sans nous, et à la fin on se rend compte que cette histoire est celle de notre âme."

Amour

 

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Pina Bausch

Yannick Haenel, Jan Karski : "Seule la solitude est digne d'amour, et lorsqu'on aime une personne, c'est toujours à ce qu'il y a de plus seul en elle que s'adresse cet amour. J'ai compris ce soir-là, tandis qu'une femme défiait l'abîme qui s'ouvre sous chacun de nos gestes, que la seule chose qui peut tenir face à l'abîme, c'est l'amour ; seul quelque chose comme l'amour est capable de tenir face à l'abîme, parce que précisément l'amour n'existe que comme abîme."

27/10/2009

Eternité

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Baruch Spinoza, L'Ethique (Livre V - Proposition XXXIX) : "Qui a un corps apte au plus grand nombre d'actions, a un esprit dont la plus grande partie est éternelle."

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