23/11/2009

La poésie cosmétique

En 2008, à l'occasion du Printemps des poètes, mon ami Jean-Michel Devésa faisait remarquer que la poésie, faute d'habiter le quotidien de chacun, n'était plus qu'un produit cosmétique comme les autres. Ce constat, désabusé et néanmoins souriant, me touche infiniment. Combien il serait utile de rappeler cette phrase d'Isidore Ducasse (dont l'oeuvre vient d'être rééditée en Pléïade) : "La poésie doit être faite par tous." Ou bien cette autre : "La mélancolie et la tristesse sont déjà le commencement du doute ; le doute est le commencement du désespoir ; le désespoir est le commencement cruel des différents degrés de la méchanceté."

Jean-Michel qui, aujourd'hui, cite sur son blog Philippe Forest. Une phrase, notamment, me percute : "La vision prophétique brute est toujours à l'horizon du récit vrai."

20/11/2009

Colloque

affiche_colloque_A3petit.jpgLe colloque La pornographie et ses industries, dirigé par Jean-Michel Devésa, qui se tenait hier à l'université Bordeaux 3 m'a beaucoup apporté (je ne suis probablement pas le seul). Résonnent encore en moi ces passages d'Alain Robbe-Grillet lus par Jean-Michel ; la nécessité, selon Jacques Abeille, de la métaphore (et donc de la poésie) lorsqu'on écrit un livre pornographique ; les exercices de voltige d'Alexandre Richet ; la brillante intervention de Méhani Patrigeon où perle le fétichisme quotidien de Vladimir Nabokov, le sénateur Jolibois ponctuant l'improvisation d'Emmanuel Pierrat ; l'efficace présence d'Anaïs ; et ("last but not least") une charmante conversation avec Rubis.

06/02/2009

Planning familial

Mon ami Jean-Michel Devesa me signale l'existence d'une pétition pour sauvegarder les crédits du planning familial. Je vous invite à la signer à l'adresse suivante : http://www.planning-familial.org/petition-defense-loi-neu...

31/01/2009

"Eros et pouvoir de castration" par Jean-Michel Devesa

Jean-Michel Devesa met en ligne le 30 janvier 2009 la suite de ses réflexions sur les rituels sado-masochistes et les relations Maîtres/Soumises. Souvent "blessées par la vie", les soumises recherchent chez leur maître le père qu'elles n'ont jamais eu : "incapables de reconnaître la moindre loi, à l’exception de la leur, c’est-à-dire celle de leurs envies, elles y puisent le combustible inépuisable de leur revanche sur les hommes et la société. Ce ne sont pas des rebelles ni des inadaptées mais les enfants légitimes d’un monde qui en a fait des femmes carnivores, affamées, dévorantes."

Lorsque je lis des témoignages, je suis surpris par l'extrême sérieux qui semble régner dans les pratiques sado-masochistes : l'humour, l'ironie, les éclats de rire sont peu nombreux. Pourtant, les "rituels" pourraient en fournir l'occasion. Car tous ces codes vestimentaires (absence de culotte, anneaux) permettent à la soumise de devenir un personnage, de se détacher de son moi social pour retrouver son corps. Et c'est là le plus important : la jouissance procède de ce corps retrouvé. Faut-il pour autant s'enfermer dans un rapport de force ? Je ne le crois pas. Le théatre de la sexualité peut être joyeux.