16/12/2009
Illiers Combray
Un panneau l'indique : Illiers Combray, onze kilomètres. J'ai un peu de temps devant moi, c'est l'occasion. Je m'écarte de mon itinéraire et de mes devoirs, école buissonnière. Un autre panneau signale un autre village, non loin de là : Aubépine... Ça ne s'invente pas... Tansonville, Méréglise... Illiers et ses environs semblent sortis de La Recherche du Temps perdu. Jusqu'au village lui-même : Combray a officiellement été ajouté à Illiers le 8 avril 1971. Seule commune française dont le nom sorte d'un livre. Le contraire d'une description : une incarnation. Je laisse ma voiture près de l'église et marche dans les petites rues du village. La maison de Tante Léonie, qui abrite le musée Marcel Proust, est fermée du 15 décembre au 15 janvier. Décidément, je n'ai pas de chance... Après Monraigne... L'hiver n'est pas favorable aux pélerinages littéraires. L'air est froid et sec, je ne croise presque personne sur mon chemin, bruit de mes pas sur les pavés - Vais-je trébucher ? Les propriétés se dissimulent derrière des murs en pierre. L'un d'entre eux est percé par une porte dérobée. « Les soirs où, assis devant la maison sous le grand marronnier, autour de la table de fer, nous entendions au bout du jardin, non pas le grelot profus et criard qui arrosait, qui étourdissait au passage de son bruit ferrugineux, intarissable et glacé, toute personne de la maison qui le déclenchait en entrant « sans sonner », mais le double tintement timide, ovale et doré de la clochette pour les étrangers, tout le monde aussitôt se demandait : « Une visite, qui cela peut-il être ? » mais on savait bien que cela ne pouvait être que M. Swann. »
23:38 Publié dans Carnet de bord | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : marcel proust |
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